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Solitude digitale et dépression. Ou quand la vie parfaite des autres nous déprime.

 

Parfois, regarder la vie parfaite des autres sur les réseaux sociaux nous fait nous sentir seuls et déprimés. Mais ne vous inquiétez pas si vous ne pouvez pas respecter ces fausses normes car personne ne le peut.

Lundi, 12 octobre, 2020 - 12:35

Vous savez, ces photos que vous postez sur Instagram et qui m'imposent la vue de ce corps parfaitement sculpté (dans une salle de sport gratuite), retouché à coups de bistouri (dans une clinique avec laquelle vous avez un partenariat), la peau bronzée lors de vacances tout simplement parfaites dans les Caraïbes (payées par l'agence de voyages), et à peine vêtu d'un bikini tout rikiki qui coûte la moitié de mon salaire (et que l'on vous a offert) ne m'encouragent pas à être une meilleure personne. Elles ne me donnent pas ce déclic pour sortir de mon lit bien chaud à six heures du matin et aller courir sous la pluie dans le parc juste à côté de chez moi. Elles ne me donnent pas envie de me lever une heure plus tôt pour faire ces délicieux pancakes que vous empilez parfaitement sur votre assiette pour illustrer le parfait petit déjeuner (toujours décoré de fraises, - mais comment faites-vous pour trouver des fraises toute l'année ?), et que vous partagez tous les jours avec ce filtre donnant l'impression qu'il fait toujours beau dehors. Ces photos montrant vos fesses et vos abdos parfaitement dessinés ne m'empêcheront pas de continuer à mener une vie sédentaire dans mon canapé, sans la volonté de résister à un grand plat de pop-corn (sucré évidemment) tout en regardant une comédie romantique à la télé avec deux très beaux acteurs vivant une histoire d'amour que je ne vivrai probablement jamais. À ce propos, ce petit « boyfriend » qui apparaît de temps à autre dans vos stories sur Instagram, avec cette barbe méticuleusement négligée, ces tablettes de chocolat parfaites et ce regard faussement détaché, me fait aussi regarder mon mari assis à côté de moi, tenant son propre plat de pop-corn encore plus grand, et je me dis : « Voilà, c'est ça. C'est ma vie. » Mieux vaut ne pas trop y penser et laisser couler, me résigner. Chacun fait ce qu'il veut. Je prendrais bien un peu de crème à la glace, tiens...

Une étude de 2018 (https://guilfordjournals.com/doi/pdf/10.1521/jscp.2018.37.10.751) réalisée par l'Université de Pennsylvanie, aux États-Unis, a mis en évidence que le fait de consommer trop de contenu sur les réseaux sociaux augmentait le niveau de solitude et de dépression, rendant les gens plus malheureux et plus frustrés, avec un sentiment de vide existentiel. Cette étude a comparé le niveau de solitude des participants durant une semaine où ils pouvaient utiliser les réseaux sociaux librement avec trois semaines où leur accès à Instagram, Facebook et Snapchat était limité à 10 minutes par jour. Les résultats sont éloquents : « Nous avons constaté que le fait de passer moins de temps sur les réseaux sociaux diminuait sensiblement le sentiment de solitude et de dépression », explique un des auteurs de l'étude, Melissa Hunt. « Plusieurs travaux déjà publiés sur les réseaux sociaux montrent que la tendance à vouloir rivaliser peut être extrêmement écrasante. En regardant la vie des autres, en particulier sur Instagram, il est facile de se dire que tout le monde à une vie meilleure et plus cool que la nôtre », ajoute Melissa Hunt.

Et c'est précisément là un des aspects négatifs de notre dépendance de plus en plus grande aux réseaux sociaux. Au fil des années, pratiquement tout le monde a développé sa propre communauté d'amis, de followers et de fans, nourrissant un faux sentiment de connexion avec les autres, de vraies personnes ou de vrais amis à portée de message. Sauf qu'il ne semble jamais y avoir de vraie raison d'envoyer un message à qui que ce soit et toutes ces autres personnes ne nous envoient jamais leurs messages. Comme si ces milliers d'amis virtuels planaient juste là, sans jamais déboucher sur des contacts directs. Malgré cela, ils sont là dans leurs flux Facebook ou Instagram, vivant tous des vies extraordinaires. Comme cette fille timide qu'on a rencontrée à l'université et qui fait maintenant le tour du monde en tant que directrice marketing, ou ce stagiaire boutonneux dans notre ancienne société qui est aujourd'hui fondateur et CEO d'une start-up à succès (vrai ou imaginaire ? peu importe). Même cette meilleure amie qui a eu de la chance et a fait un bon mariage est là, semblant passer son temps à essayer de nouveaux brunchs. Nous seules semblons avoir une vie triste, sans le moindre intérêt. Nous sommes larguées et seules.
 
La psychologue clinicienne Dina Guerreiro explique qu'en « se connectant virtuellement, les gens créent une illusion de proximité et de vivre ensemble, avec l'impression qu'ils ont de vrais amis ». Or, « cette illusion véhicule de terribles dangers ». « Beaucoup cherchent à vivre en fonction des comportements et standards des vies qu'ils voient en ligne. La plupart des publications montrent des situations plus positives que négatives, montrant le plus souvent des vies apparemment merveilleuses, dans des endroits de rêve, avec des vêtements à la mode », ajoute Dina Guerreiro, pour qui ces situations sont très courantes sur les pages des influenceurs. Les conséquences peuvent être très négatives car cela « crée le sentiment que les autres ont une plus belle vie, plus heureuse ». Et cela peut inévitablement en amener plus d'un à avoir l'impression d'avoir moins de chance que les autres, générant alors un « sentiment de frustration et de solitude, avec une faible estime de soi », explique Dina Guerreiro.

Il est très important de ne pas confondre deux concepts différents : la solitude ou le fait de s'aimer et d'apprécier la solitude. Ces dernières vies sont constamment impactées par toutes les informations que nous entendons ou voyons à la télévision, à la radio, sur les sites internet et les réseaux sociaux, tout le temps et partout. Il devient alors de plus en plus urgent de savoir quand s'arrêter, partir, chercher cette paix que certains, parfois, ne peuvent trouver que dans les moments qu'ils gardent rien que pour eux. Pour eux, être seul ne signifie pas se sentir seul. C'est plutôt, comme le dit Dina Guerreiro, « un souhait de solitude, que nous cherchons et trouvons dans les moments que nous nous accordons pour être nous-mêmes et nous pouvons alors nourrir ces moments de réflexion et de pleine conscience ». La psychologue clinicienne distingue ce souhait de solitude d'une autre forme qui représente elle un vrai problème pour l'individu et touche de plus en plus nos sociétés actuelles. « Un moyen simple de comprendre la différence entre les deux émotions consiste à penser à la phrase suivante : être seul n'est pas la même chose que se sentir seul ».

Il n'existe hélas pas de solution toute faite à ce problème. Il ne suffit pas de dire aux gens d'arrêter de comparer les vies idéales que d'autres montrent sur les réseaux sociaux avec leur vraie vie parce que toute monde sait que l'on peut montrer ce que l'on veut sur les réseaux sociaux sans que cela soit nécessairement la réalité. Il est dans notre nature d'êtres humains de chercher des expériences réconfortantes, du bonheur et de la satisfaction. Si les réseaux sociaux nous conduisent dans la direction opposée, ce ne sera qu'une question de temps avant que nous adaptions notre propre dynamique individuelle à cette nouvelle réalité et commencions à évoluer dans la direction opposée.

Annelies, maman d'Elliot

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